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La nouvelle orthographe en un clin d’œil

16 novembre 2022 - Catherine Paré

Bien qu’elle ne soit pas officiellement implantée, la nouvelle orthographe fait son petit bonhomme de chemin. Tout en semant certains mythes. Tour d’horizon!

La nouvelle orthographe, ou orthographe rectifiée, remonte à 1990. Le Conseil supérieur de la langue française de France publie alors son rapport Les rectifications de l’orthographe.

Ce n’est pas la première fois qu’on suggère des modifications à l’orthographe du français. En 1740, par exemple, la troisième édition du Dictionnaire de l’Académie française introduisait l’accent circonflexe pour remplacer le s dans certains mots : fenestre devient ainsi fenêtre.

La situation dans les écoles 

Aujourd’hui, au Québec, les enseignants ont le choix d’enseigner ou non la nouvelle orthographe. Depuis 2010, le ministère québécois de l’Éducation l’accepte dans les examens ministériels. C’est aussi le cas dans la plupart des autres provinces canadiennes. Du côté des manuels scolaires, des éditeurs comme ERPI et Chenelière publient déjà des ouvrages en nouvelle orthographe.

Cependant, il faudra attendre encore quelques années pour voir si la nouvelle orthographe passera dans l’usage. Entretemps, elle aura laissé dans son sillage quelques mythes.

Voici trois mythes bien tenaces :

  1. Des « chevals », vous dites? Eh non, ce n’est qu’une légende urbaine. Malgré les rumeurs, ni les rectifications orthographiques ni aucune institution n’ont fait une telle proposition. Le pluriel de cheval est toujours chevaux!
  2. Y a-t-il un « éléfant » dans la pièce? Non! La graphie du mot éléphant ne change pas. Par contre, la nouvelle orthographe recommande bel et bien d’écrire nénufar plutôt que nénuphar. Dans ce cas-ci, c’est pour corriger une erreur qui s’était glissée dans le dictionnaire de l’Académie française en 1935.
  3. Un accord du participe passé simplifié, enfin?
    Réfrénez votre enthousiasme, ce n’est pas pour tout de suite. Les règles de l’accord du participe passé avec avoir demeurent inchangées par les rectifications orthographiques.

Les objectifs de la nouvelle orthographe

Ces rectifications visent à régulariser certaines anomalies, à renforcer la cohérence dans l’orthographe et à modeler l’orthographe à la prononciation moderne. Ainsi, bonhommie prend désormais deux m, comme bonhomme. On écrit cent-cinquante-quatre-mille, par exemple, avec des traits d’union partout. Et féérique gagne un deuxième accent.

Environ 5000 mots, dont des mots rares et techniques, sont touchés par la nouvelle orthographe. Cela correspond à 1% du contenu du dictionnaire Le Grand Robert, qui compte 500 000 mots. Ces changements ont été établis par une batterie de spécialistes de la langue, dans le respect de l’étymologie du français.

Des ouvrages de référence

La liste complète des mots touchés par la nouvelle orthographe est publiée dans le Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée : cinq millepattes sur un nénufar (RENOUVO, 2009). On trouve aussi sur la Vitrine linguistique de l’Office québécois de la langue française.

Des dictionnaires comme Usito, Antidote et Le Multidictionnaire au Québec, ou encore Hachette, Le Larousse et Le Petit Robert en France, répertorient les rectifications orthographiques, en tout ou en partie.

Ce texte est écrit selon l’orthographe rectifiée.

Les différentes facettes de l’évolution du français vous intéressent et vous souhaitez en savoir plus? Ça tombe bien, Curium un Doodle sur l’écriture inclusive.

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