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Le handicap en BD : Rencontre avec Jean-Paul Eid

1 décembre 2021 - Annie Labrecque

À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre, nous avons échangé avec Jean-Paul Eid, auteur de la BD  Le petit astronaute, parue cette année aux éditions de La Pastèque. Elle met en lumière la vie de Juliette et de son petit frère Tom, atteint d’un handicap : la paralysie cérébrale.

D’où est venue l’idée de cette BD ?

Jean-Paul Eid : Étant père d’un garçon qui vit avec un handicap, je savais qu’un jour, j’allais l’aborder dans une BD. J’avais en tête ce sujet depuis une quinzaine d’années. Même si c’est inspiré de ma vie, ce n’est pas une autobiographie. Je raconte cette histoire en donnant la parole à la fois à Tom et à Juliette, qui s’imagine entendre son frère parler.

Avec ses 156 pages, votre BD est classée comme un roman graphique. Que signifie cette appellation ?

La BD se décline sous différents formats. Par exemple, le comic book, avec des superhéros, ou les strips publiés dans les journaux. Le roman graphique est aussi l’un de ces formats. Contrairement à l’album BD traditionnel, qui contient entre 48 à 64 pages, le roman graphique est plus volumineux. Comme un roman !

À qui s’adresse cette BD ?

Aux adultes et aux jeunes à partir de 12 ans. J’ai eu une petite angoisse en la faisant : est-ce que ça va rejoindre ceux qui ne sont pas exposés à des handicaps ? Aujourd’hui, je réalise à quel point c’est un récit universel. Tout le monde peut l’apprécier et y trouver quelque chose. Il y a aussi une réflexion autour de l’inclusion, de la différence, et du rapport de nos enfants à la société.

Que devrait-on en retenir ?

Je parle beaucoup de la place que l’on fait à ces enfants avec des handicaps sévères. Ceux-ci sont en marge de la société. Ils sont rapidement isolés entre eux, dans des institutions juste pour eux, des loisirs juste pour eux, des transports juste pour eux, etc.

Les personnes qui vivent avec un handicap sont aussi à peu près absentes de notre imaginaire collectif. Dans les romans et les films, on peut les compter sur les doigts d’une main. Il y a quelques beaux personnages, mais ils sont peu nombreux.

On réalise qu’on a un gros travail à faire, surtout à l’heure où il y a beaucoup de minorités qui revendiquent leur droit à être représentées de façon juste. Les communautés culturelles, les minorités sexuelles, les personnes handicapées, etc.

Avez-vous eu l’occasion de montrer la BD à votre fils ?

Mon fils a une déficience intellectuelle importante. Il est incapable de lire, mais il adore les livres. Je lui lis des livres plusieurs soirs par semaine avant le dodo.

On a regardé mon album ensemble. Évidemment, c’est trop compliqué pour lui, mais pour la première fois, il se voyait. Pas lui en tant qu’individu, mais il voyait un univers qu’il connaît, avec les tableaux de pictogrammes, avec les marchettes, avec tout ce qui fait partie de son univers.

Qu’avez-vous découvert à travers Le petit astronaute ?

J’ai découvert la capacité de la bande dessinée à traiter d’enjeux sociaux. Je vais probablement continuer à le faire sur des questions sociales qui me touchent et dont j’ai envie de parler à travers la fiction.

ENCADRÉ : Le saviez-vous ?

Ancien collaborateur du magazine Les Débrouillards, Jean-Paul Eid a réalisé des illustrations et publié une BD, Raoul et Barbara, mettant en vedette deux rats de bibliothèque.

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Une réponse à “Le handicap en BD : Rencontre avec Jean-Paul Eid”

  1. Jacqueline Lanouette dit:

    J’ai lu ; »Le petit astronaute » à sa sortie. J’ai été touchée, émue, j’ai ri et j’ai pleuré. C’est la première fois de ma vie qu’une BD me fait pleurer. J’ai aussitôt été en acheter quelques exemplaires pour offrir à mes amies.